Hier, la South Sudan Football Association (SSFA) a lancé une campagne de formation de huit jours sur la gestion de l’hygiène menstruelle financée par la United Nations Population Fund (UNFPA). Au cours de cette campagne, les écolières apprendront les meilleures pratiques en matière de gestion de l’hygiène menstruelle tout en recevant le kit de serviettes hygiéniques lavables de Kitambaa. Voici des photos de St Joséphine Bakhita, la Ecole Championne d’Afrique de la CAF où s’est déroulé la formation hier.
Le relais communautaire Etù Jiggenù Jeggem en collaboration avec l’UCAD (Université Cheikh Anta Diop de Dakar) continue de mener des activités de sensibilisation à Sandiara. Ici, ils ont invité les élèves à débattre sur la thématique : « Maintenir les filles à l’école ». Au cours du débat, la gestion de l’hygiène menstruelle comme alternative pour aider les filles à rester à l’école a été largement évoquée. Suite au débat, 25 serviettes hygiéniques acquises par l’UCAD ont été distribuées aux élèves.
Selon L’UNESCO, Au Sénégal, 45,12% des écolières cessent d’aller à l’école pendant leurs règles à cause du manque d’accès à des toilettes, des douleurs ou tout simplement de peur d’une fuite. Cette « semaine de la honte » a des conséquences dommageables sur leur éducation et donc sur leur futur. Dans certains cas plus extrêmes (7,7%), des filles abandonnent même l’école à cause des défis rencontrés pendant leurs menstrues. Il en va de même pour les employées, aussi bien des entreprises privées que publiques, qui manquent en moyenne 2,5 jours de travail par mois. Un manque économique énorme qui contribue un peu plus à réduire leur autonomie. D’ailleurs, 80,38% d’entre elles déclarent également préférer ramener à la maison leurs protections périodiques. Ceci a conduit Plan International Sénégal et Kitambaa souhaitent travailler ensemble pour un projet de gestion de l’hygiène menstruelle aussi bien en milieu scolaire, qu’extra-scolaire afin de rendre leur dignité aux filles et aux femmes du pays mais également de travailler dans des domaines tels que la préservation de l’environnement, l’autonomisation économique des filles et des femmes qui sont des thématiques transversales.
La semaine dernière, Kitambaa en compagnie d’autres experts de la FIFA, M. Cheikh Tidiane Cisse, Doreen Nabwire et le Dr Nonhlanhla Mkumbuzi, étaient de retour au Soudan du Sud pour la transmission officielle du projet pilote de la FIFA à l’Association Sud-Soudanaise de Football et aider à mettre en place un comité consultatif visant à pérenniser les acquis du projet pilote.
Nous avons également saisi l’opportunité pour nous entretenir avec certaines bénéficiaires et recueillir leurs commentaires sur les serviettes hygiéniques lavables et leur fournir plus de conseils sur la gestion de l’hygiène menstruelle.
Paris (AFP) – Il est plus facile de parler de ses règles dans l’intimité de la vie d’une équipe féminine de football; la Fifa développe au Soudan du Sud un projet pilote pour aider les filles et les femmes sur cette question parfois taboue.
“Le football des filles et des femmes, ce n’est pas que du football, il leur permet de jouer mais aussi de tacler des défis sociaux, et quelques sujets tabous”, explique à l’AFP la directrice du développement du foot féminin de la Fédération internationale (Fifa), Arijana Demirovic.
Au Soudan du Sud, jeune pays indépendant depuis 2011, “elles rencontrent des difficultés sur la question des règles et de l’hygiène menstruelle, mais aussi pour l’accès aux produits sanitaires, pour les femmes de tous les âges”, poursuit cette Suissesse de 33 ans.
Pour ce projet destiné à être étendu à d’autres pays, l’équipe d’Arijana Demirovic est venue plusieurs fois à Djouba, la capitale, rencontrer des jeunes footballeuses. Il faut “adapter la partie éducative à leurs âges, mais aussi leur fournir des produits hygiéniques. A la fin, elles reçoivent toutes des kits”, développe Arijana Demirovic.
Dans des ateliers, “nous expliquons ce qu’est le cycle menstruel”, poursuit la dirigeante. “Il nous fallait comprendre comment elles font pour l’hygiène, ce qu’elles connaissent et ce qu’elles utilisent comme produits traditionnels”.
“En Afrique trop souvent les jeunes filles utilisent des étoffes inappropriées, des éponges de matelas ou des bouts de tissus découpés dans leur pagnes”, explique à l’AFP la Sénégalaise Yaye Hélène Ndiaye, présidente de l’ONG Kitambaa, qui accompagne la Fifa au Soudan du Sud.
“Elles se sentent moins gênées”
“J’étais là dès la première réunion”, raconte à l’AFP la milieu de terrain Esther Luis, 19 ans, internationale sud-soudanaise, qui joue dans le club du Munuki FC, à Djouba.
“Nous étions très heureuses que ce genre de projet vienne dans notre pays”, s’enthousiasme la jeune joueuse, “c’est vraiment ce dont nous avions besoin, c’est fantastique!”
“Dans notre culture, ce n’est pas toujours facile d’aborder ce genre de sujet”, poursuit-elle.
Si “la plupart de mes coéquipières comprennent que cela fait partie de la vie, tout simplement”, assure Esther Luis, “dans les zones rurales, il peut parfois être difficile d’en parler, il faut leur expliquer, car beaucoup d’entre elles utilisent des moyens plus traditionnels pendant leurs règles”.
Mais grâce au football, “nous pouvons les atteindre. Quand leurs coéquipières leur expliquent, elles se sentent moins gênées. Dans notre culture, comme dans la plupart des cultures, quand les aînées en parlent, les jeunes peuvent se sentir timides et mal à l’aise”, ajoute l’internationale sud-soudanaise.
“Tabou dans bien des contrées”
Le sujet reste tabou, mais “il est tabou dans bien des contrées, insiste Demirovic, et pas forcément de la part des parents ni de la communauté, mais quelquefois des filles elles-mêmes, selon qu’elles sont plus ou moins à l’aise pour aborder ce sujet”.
Elle assure recevoir “des retours très positifs, les filles nous ont dit qu’elles les utilisaient” et “cela résout aussi une question de budget pour leurs familles”.
Il reste des défis, notamment “les conditions dans lesquels elles peuvent laver ces serviettes, les sécher et en prendre pour pouvoir les réutiliser”, souligne la dirigeante de la Fifa.
Ce projet, “spécifique au foot féminin” et “ajusté au contexte des différentes associations membres. Cela leur donne également du pouvoir (+empowerment+, en anglais, NDLR) de prendre soin de leur santé, de soulager le budget familial, mais aussi de partager ces informations avec les autres membres de leur famille, quelque fois même des plus âgées”, souligne la dirigeante.
Originaire de Bosnie et supportrice du Jedinstvo, le club de Bihac, la ville de son enfance, Demirovic voit même plus loin: des ONG aident les filles à produire elles-mêmes des serviettes réutilisables, “elles pourraient même à l’avenir les produire localement, à bas prix, et cela les aiderait aussi pour l’+empowerment+ économique. Le Soudan du Sud est un exemple positif de ce que peut faire le football”.
Des joueuses de la sélection du Soudan du Sud à l’échauffement avant un match amical contre le Soudan, le 16 février 2022 à Khartoum ASHRAF SHAZLY AFP/Archives
« Proposez moi quelque chose pour le Soudan du Sud : 1. parce que c’est le pays le plus jeune du Continent et 2. Ils ont enduré 20 années de guerre civile avant leur libération » voici les 2 raisons principales que Mme Fatma Samoura a évoquées lors de notre premier entretien. A la suite de cela, elle a mobilisé son équipe en charge du développement du football féminin sous le leadership de Mme Sarai Bareman et des experts évoluant dans le monde du développement notamment Kitambaa et M. Cheikh Tidiane Cissé, ancien représentant du FNUAP, pour concevoir un projet pilote dont l’objectif principal est d’éduquer, d’informer et de mettre à la disposition de l’écosystème régi par la Fédération de Football du Soudan du Sud des solutions idoines à une bonne prise en charge de la gestion de l’hygiène menstruelle.
Collect for Change est une plateforme de Crowdfunding créée par deux Sénégalaises éprises de justice sociale et économique, et motivées par le désir de contribuer au développement du continent africain. La Plateforme se donne pour mission de faciliter les levées de fonds – y compris à l’extérieur du Sénégal – pour les associations et les entreprises sociales qui n’ont pas un accès facile aux bailleurs de fonds traditionnels et/ou au secteur privé. Collect for Change permet ainsi à tout individu et/ou toute entreprise qui souhaiteraient effectuer des dons de le faire, dans la pleine discrétion si le donateur le souhaite.
Pour sa part, Kitambaa a pu lever des fonds d’un montant sept mille euros qui ont servi à cofinancer, en partenariat avec l’Ambassade de la Pologne au Sénégal, le projet intitulé : « Les Menstrues. Parlons-en ! Aidons les jeunes filles sénégalaises à rester à l’école sans interruption liée aux menstruations ».
Kitambaa a eu l’honneur d’être sélectionnée parmi les lauréats du Programme AFIDBA Edition 2021. Ainsi, pendant six mois, nous avons bénéficié de formations pour le renforcement des capacités des entrepreneurs sociaux, participé à un boot camp, intégré une communauté d’entrepreneurs sociaux et reçu un appui financier qui nous a permis d’installer nos locaux à Dakar et de mettre en place les outils nécessaires pour le déploiement d’une stratégie commerciale efficiente. Nous avons aussi reçu un financement pour améliorer notre site internet et renforcer notre communication digitale. Des opportunités de communication, et de levée de fonds ont été également initiées par nos coaches, y compris un entretien avec Positive Planet et d’autres échanges avec des structures représentantes de business Angels.
En ce 28 Mai journée internationale de l’hygiène menstruelle, Kitambaa célèbre Mme Fatma Samoura, Secrétaire Générale de la FIFA, dans un entretien exclusif sur sa vision du Sport et du développement.
“Proposez moi quelque chose pour le Soudan du Sud : 1. parce que c’est le pays le plus jeune du Continent et 2. Ils ont enduré 20 années de guerre civile avant leur libération» voici les 2 raisons principales que Mme Fatoumata Soumara a évoqué lors de notre premier entretien. A la suite de cela, elle a mobilisé son équipe en charge du développement du football féminin sous le leadership de Mme Sarai Bareman et des experts évoluant dans le monde du développement notamment Kitambaa et M. Cheikh Tidiane Cissé, ancien représentant regional du FNUAP, pour conceptualiser un projet pilote dont l’objectif principal est d’éduquer, d’informer et de mettre à la disposition de l’écosystème régit par la Fédération de Football du Soudan du Sud des solutions idoines à une bonne prise en charge de la gestion de l’hygiène menstruelle.
1. Pouvez-vous brièvement vous présenter et revenir sur votre parcours professionnel ?
Je suis née et j’ai grandi au Sénégal. À 18 ans, mon baccalauréat en poche, je suis partie en France pour poursuivre mes études universitaires. Je suis retournée au Sénégal en 1986 après l’obtention d’un Diplôme d’Études Supérieures Spécialisées (DESS) en Commerce International à l’IECS de Strasbourg et une maîtrise en Langues Étrangères Appliquées (anglais/espagnol) pour débuter ma carrière professionnelle à la Senchim, la filiale commerciale des Industries Chimiques du Sénégal (ICS) spécialisée dans la commercialisation de produits phosphatés élaborés. Je suis mariée et mère de trois enfants.
J’ai rejoint la FIFA pour une raison simple, le pouvoir fédérateur unique du football. J’ai pris mes fonctions officielles de secrétaire général en juin 2016. Avant d’assumer ces nouvelles responsabilités à Zürich, j’avais passé 21 ans au sein du Système des Nations Unies que j’ai rejoint à l’âge 33 ans en Mai 1995 au siège du Programme Alimentaire à Rome, Italie.
J’ai eu au cours de ma carrière onusienne à travailler sur des programmes de développement, d’urgence et de redressement en Italie, à Djibouti, au Cameroun, au Tchad, en Guinée, au Niger, à Madagascar et au Nigéria.
Au cours de mes différentes affectations, j’ai eu à voyager dans plus de 70 pays différents pour évaluer les capacités logistiques des pays afin de répondre à des crises humanitaires réelles ou hypothétiques ou pour fournir des aides d’urgence, de secours et de relèvement ou simplement pour aider les communautés à renforcer leur capacité de résilience face aux catastrophes naturelles ou causées par les hommes.
C’est lors d’une de mes missions au Libéria que j’ai pu mesurer le pouvoir du football et son potentiel unique à restaurer la paix et la cohésion sociale. En effet, pendant la guerre civile des années 90, les seuls moments où les combattants acceptaient de faire momentanément taire les armes c’était lorsqu’il pleuvait ou lorsqu’il avait un match de football.
Avant de rejoindre mon dernier lieu d’affectation avec les Nations Unies au Nigéria, j’étais basée à Madagascar ou j’ai occupé d’octobre 2010 à janvier 2016, les fonctions de Coordonnatrice résidente du système des Nations Unies et Représentante résidente du PNUD.
La tension politique était très forte pendant toute la durée de ma mission à Madagascar. Pendant près de deux ans j’ai dû me déplacer entre mon domicile et mon bureau sous forte escorte militaire. L’organisation des élections s’est faite dans des conditions politiques, sécuritaires et humanitaires extrêmement difficiles. J’ai quitté La Grande Ile début 2016 après que l’ONU et la communauté internationale aient aidé Madagascar à travers des élections justes, transparentes et démocratiques à revenir à l’ordre constitutionnel.
C’est à quelques jours de mon départ que j’ai été invitée à un dîner auquel prenait part Gianni Infantino, qui était en pleine campagne pour la présidence de la FIFA. Nos échanges au cours de ce dîner étaient cordiaux. Je lui ai écrit pour le féliciter lorsqu’il a été élu président de la FIFA en février 2016. Au mois de mai 2016, il a proposé mon nom au poste de secrétaire général au Conseil de la FIFA qui a endossé sa proposition. J’ai pris mon poste à Zurich en juin 2016.
2. Quel changement/impact pensez-vous avoir accompli au fil de votre carrière, principalement par rapport aux droits des femmes ?
À la FIFA, je me sers de mon rôle de toute première femme – et toute première Africaine – nommée Secrétaire Générale pour faire entendre la voix des femmes et promouvoir leurs droits ainsi que leur niveau de représentation dans le football.
En nommant une femme africaine au poste de Secrétaire Generale de la FIFA, le Président Gianni Infantino, a brisé les préjugés et démontré sa ferme volonté de changer le narratif du sport le plus populaire au monde mais qui pendant plus d’un siècle était dominé par les hommes et surtout les européens. A la suite de ma nomination, trois autres femmes ont rejoint le Comité de directeurs de la FIFA: une chargée du Football féminin, une deuxième chargée des Ressources humaines et des services et une dernière chargée de l’Éducation et des Droits humains, qui est également la secrétaire générale de la Fondation FIFA. Avant 2016, aucune division au sein de l’organisation n’était dirigée par une femme.
La composition du Conseil de la FIFA, a également changé. Désormais six femmes, représentant chacune des confédérations siègent au Conseil. Trente-neuf membres des différentes commissions de la FIFA sont des femmes, tandis que 16 fédérations du monde entier ont confié le poste de secrétaire générale à une femme. À la FIFA, le pourcentage de femmes parmi les employés s’élève maintenant à 43%, contre 57% pour les hommes. Nous rattrapons notre retard ! Aujourd’hui, les femmes ont bel et bien un rôle à jouer à la FIFA et je suis fière de pouvoir dire qu’elles mènent de nombreuses discussions et sont impliquées dans les décisions clés au plus haut niveau du football mondial.
Sous l’impulsion du Président Infantino une série de réformes historiques visant à faire progresser le football féminin et les personnes qui évoluent dans ce sport a été lancé. Par exemple, en renforçant la protection des joueuses et des entraîneures et plus précisément en imposant des normes minimales pour les joueuses, notamment en matière de maternité. Elles disposent à présent d’un congé maternité obligatoire minimal de 14 semaines, rémunéré au minimum aux deux tiers du salaire défini contractuellement. Après ce congé, les clubs ont l’obligation de réintégrer les joueuses et de fournir l’accompagnement médical et physique adéquat. Grâce à ces réformes, plus aucune femme ne doit être désavantagée face à la grossesse, ce qui représente pour elles une meilleure sécurité de l’emploi.
3. Comment le sport conduit-il à l’émancipation et à l’autonomisation des jeunes filles et des femmes ?
La société continue à évoluer et la place des femmes évolue avec elle. Le sport, et en particulier le football, fournit aux jeunes filles et aux femmes de formidables opportunités de s’élever et de jouer un rôle plus important dans la société.
Le football offre notamment aux jeunes filles la possibilité de faire de l’exercice, d’apprendre à travailler en équipe et, surtout, d’apprendre à gagner et à perdre et surtout d’élever leur niveau de confiance. Elles peuvent découvrir et développer ces compétences, grâce auxquelles elles seront mieux préparées pour faire face aux défis de la vie.
Début 2022, la FIFA et la CAF ont lancé la Coupe d’Afrique des champions scolaires à Kinshasa, en RD Congo. Le but de la compétition était de réunir des écoliers – filles et garçons – de toute l’Afrique pour leur inculquer des compétences et valeurs de vie via le football et pour leur permettre d’élargir leur horizon culturel.
Un des principaux bénéfices est l’évolution massive du regard des garçons vis-à-vis des filles et de leur implication dans le sport. Les équipes provenaient du Sénégal, d’Éthiopie, du Bénin, de RD Congo, du Maroc et d’Afrique du Sud, et les garçons ont pris conscience que les filles étaient leurs égales et que le rôle des femmes dans la société ne se bornait pas à rester à la maison et à s’occuper de la famille et des tâches ménagères .
Nous préparons actuellement la prochaine édition de la Coupe du Monde Féminine, qui aura lieu en 2023 en Australie et en Nouvelle-Zélande, et la FIFA a pleinement conscience de l’opportunité qui lui est offerte d’inspirer les jeunes filles et les femmes qui regarderont la compétition.
Cette édition marquera le début d’une nouvelle ère pour la Coupe du Monde Féminine puisqu’elle réunira pour la première fois 32 équipes. Cela signifie que davantage de nations et davantage de talents auront une chance d’intégrer le gratin mondial. C’est aussi la première fois que deux confédérations, celles d’Océanie et d’Asie, organiseront conjointement la compétition, et la première fois que nous nous déplacerons dans l’hémisphère sud, dans la région Asie-Pacifique.
Notre ambition pour la Coupe du Monde Féminine est de permettre au football féminin de Repousser les limites – c’est d’ailleurs le slogan officiel de la compétition – et de faire tomber les derniers préjugés afin d’encourager les jeunes filles et les femmes à s’impliquer dans ce sport.
Mon message à toutes les femmes, quel que soit leur âge, est simple : croyez en vous ! Vous avez le pouvoir de réaliser vos rêves et de repousser les limites de vos existences . Les femmes sont la base de la société. Elles sont déterminées et créatives. Désormais, leurs objectifs, leurs espoirs et leurs rêves doivent être de jouer chacune leur rôle dans l’établissement d’une société plus égalitaire et plus juste pour tout le monde. Brisez les préjugés – Osez rêver – Osez réaliser ces rêves – Osez repousser vos limites, tels sont mes messages à l’endroit des femmes et des filles qui se passionnent pour le football.
3. Pourquoi la FIFA s’intéresse-t-elle à la Santé et à l’hygiène menstruelle ? Cet intérêt explique-t-il la mise en place d’un programme relatif sur la GHM ? et pourquoi votre choix s’est porté sur le Soudan du Sud ?
La santé et l’hygiène menstruelle sont des sujets qui concernent les jeunes filles et les femmes du monde entier. Les disparités en matière de connaissances et d’accès à la santé et à l’hygiène sont un frein au développement personnel et à l’épanouissement des jeunes filles et des femmes. Ce manque de connaissances est aussi un frein à leur accès à l’école, au sport et à toute autre activité extrascolaire. La Fédération Sud-Soudanaise de Football souhaite proactivement se servir du football pour relever ce défi et nous avons donc décidé de la soutenir dans le cadre d’un projet pilote visant à sensibiliser et renforcer les connaissances en matière de santé reproductive, ainsi qu’à fournir des serviettes hygiéniques aux jeunes filles qui pratiquent le football au Soudan du Sud. Le but est qu’elles puissent en comprendre les effets sur leur vie quotidienne en constatant les bienfaits par elles-mêmes.
4. Dans quelle mesure les interventions de ce programme peuvent-elles contribuer à la mise en place de politiques publiques, de normes et de pratiques pour un changement d’attitude et de perception sur la santé et l’hygiène menstruelle ?
S’appuyer sur le football pour sensibiliser et renforcer les connaissances sur ce sujet peut inciter les autorités publiques à participer au dialogue et à mieux comprendre la nécessité d’élaborer des politiques adéquates en la matière. En bâtissant un projet qui permet aux jeunes filles et aux femmes d’aller à l’école et de pratiquer le football ou un autre sport sans interruption ni gêne, puis en mettant en place une stratégie de communication claire qui tienne compte des normes culturelles et des défis locaux, nous pouvons sans aucun doute aider à initier le dialogue au sein des communautés. Avec une approche adéquate en termes de sensibilisation, de fil narratif et de partage d’expériences, il est possible d’avoir une influence sur la manière dont les communautés perçoivent le sujet et dont les acteurs publics agissent et intègrent dans leur programme d’éducation et de santé, un sujet considéré tabou dans la plupart des sociétés en Afrique mais aussi ailleurs.
5. En quoi le sport permet d’œuvrer en faveur de l’égalité des sexes (ODD 5) ?
La bonne gestion de l’hygiène menstruelle peut largement contribuer à améliorer la qualité de vie des jeunes filles et des femmes du monde entier. Comprendre le sujet et avoir conscience des moyens ainsi que des produits nécessaires pour une bonne hygiène permet aux jeunes filles et aux femmes de participer, d’être présentes, d’avoir accès sans discontinuité et de pouvoir peser sur ce qu’elles font au sein de leur communauté, au travail, dans le sport.
Elles peuvent ainsi mieux faire entendre leur voix et améliorer leur visibilité au travail, à la maison ou sur un terrain de football.
Avoir un accès régulier à la pratique sportive et à des programmes y afférents peut participer à la réalisation de plusieurs ODD, notamment l’éducation de qualité, la bonne santé et le bien-être, la réduction des inégalités et l’égalité entre les sexes.